Elizabeth Grech

Un véritable hymne à la vie

elizabeth-grechElizabeth GrechDarine Habchi has published the following article on Adrian Grima’s poetry translated into French by Elizabeth Grech and published in a book, Ici arrivent les mouettes / Hawn Jidħol il-Gawwi by the Fondation de Malte (November 2012).

http://webzine.unitedfashionforpeace.com/lifestyle/ici-arrivent-les-mouettes-un-veritable-hymne-a-la-vie/

The following questions by Darine Habchi were answered by Elizabeth Grech on December 14 2012:

 

 

D’où vient le titre ?
Le titre correspond au titre de l’un des poèmes du recueil d’Adrian Grima que j’ai traduit. Nous avons fait le choix du titre ensemble avec l’éditeur et Philippe Parizot qui a écrit la préface. Comme l’évoque la préface, les mouettes ne font pas seulement allusion à ces oiseaux si présents en Méditerranée, et notamment à Malte, mais aussi à celles et ceux qui traversent les frontières, voyagent à travers le temps et dans des “espaces autres”. C’est aussi une façon de parler de la nouvelle génération d’écrivains maltais, dont beaucoup sont géographiquement dispersés, mais qui se retrouvent dans leur travail sur et dans la langue maltaise.

Combien de temps a t-il fallu à l’auteur pour rédiger ce livre ? Pourquoi l’auteur a t-il choisi de reccuillir une compilations de poèmes datant de plusieurs années sur un seul et même livre?

Ce livre n’a pas été rédigé d’une seule traite. Il y a huit ans, j’ai rencontré Adrian Grima qui m’a demandé de lui traduire en français un poème écrit pour un congolais, car il souhaitait le lui faire lire. C’était le poème intitulé “Distanzi/Distances”. A partir de là ont découlé plusieurs années d’échanges de mails, de poésies, de traductions, de discussions sur le choix des mots mais aussi une sincère amitié entre nous et nos familles. Ce recueil est composé d’un choix de cinquante poésies qui couvrent une période de vingt ans, et que j’ai mis huit années à traduire. Le choix de poèmes a été élaboré avec Adrian Grima, bien sûr, en collaboration de David Busuttil, directeur de la Fondation de Malte, un éditeur courageux. Il a porté avec nous ce projet dès ses débuts et connaît les poésies aussi bien que le poète et que moi.

Quel est le message de ce recueil ?

L’auteur serait sans doute le mieux placé pour répondre à cette question. Je ne crois pas que le but de ce projet, de ce travail, soit de transmettre un message ou un sens particulier. Chaque poème peut produire des effets très différents d’un lecteur à un autre, amener chacun dans des directions insoupçonnées. C’est un recueil qui raconte des histoires, des rencontres en poésie, des histoires humaines, la rencontre du poète avec lui-même, ses expériences dans l’espace, dans la vie, son émerveillement devant la nature, ses réactions face à des événements sociaux, politiques, les injustices auxquelles Adrian Grima donne une voix, une couleur, une densité.

S’adresse t-il essentiellement aux amoureux de la nature ?  

Ce recueil ne s’adresse pas seulement aux amoureux de la nature mais à tout le monde, aux amoureux de la vie, de l’humain.

Le travail de traduction a t-il était dur à réaliser et combien de temps avez-vous mis pour traduire cette œuvre ?

La traduction littéraire est une tâche ardue surtout lorsqu’on traduit vers une langue qui n’est pas notre langue maternelle. C’est pourquoi nous avons collaboré avec Mohamed Al Amraoui, poète franco-marocain et Philippe Parizot, le préfacier, qui nous ont aidé pour la relecture de la version française. Ensuite, la maltais et le français sont deux langues complètement différentes : l’une est “jeune”, longtemps restée minoritaire et orale, l’autre dispose d’une histoire séculaire, bien ancrée, qui a été imposée par un Etat centralisé à ses périphéries. Le maltais est plus flexible que le français. Certaines phrases traduites du maltais en français sont longues, ce qui oblige à recomposer pour insuffler un rythme. C’est une véritable expérimentation et un travail assez long. J’ai commencé à traduire les poésies d’Adrian par plaisir sans but précis. Une fois que j’avais accumulé beaucoup de poèmes traduits, nous avons décidé de les publier. C’est pourquoi cela m’a pris autant de temps.


Advertisements